Alors que l’ASSE jouait sa montée en Ligue 1 au stade Geoffroy Guichard, une soirée à l’ambiance bien différente se tenait à quelques centaines de mètres de là. Retour sur le concert de Ashen, Lafayette et Chesstown au Fil à Saint-Etienne.
Chesstown – Jouer (et bien) à domicile
La soirée se tenait dans le Club du Fil, l’espace habituellement réservé au bar mais équipé pour accueillir de tels événements. Et l’endroit est superbe. La scène est haute, les lumières sont belles et le son de qualité !
Les locaux de Chesstown avaient pour mission d’ouvrir ce concert qui s’annonçait haut en couleurs. Forts de leur dernier EP Expiance sorti quelques jours plus tôt, les quatre membres du groupe avaient à coeur de chauffer la salle, et ont merveilleusement bien réussi.
Sur scène, une formation classique : un chanteur, un bassiste, un batteur, et une guitariste. Dès le premier morceau, le son est excellent et l’immersion est totale. Le groupe propose un metal progressif aux influences variées. Tantôt black, tantôt core, on ne s’ennuie à aucun moment.
L’exécution est solide. On note en particulier les performances du chanteur (aussi bien en clair qu’en saturé) et de la guitariste (qui nous aura vraiment épatés). En bref, une superbe première partie : découverte totale, et excellente surprise ! Le coup de coeur du set : Istoh, morceau qui traite de la santé mentale, qui m’aura collé larmes et frissons. Merci Chesstown !
Lafayette – Etoile montante du metalcore français
Les Lyonnais de Lafayette envahissent la scène autour de 21h30. La salle est bien remplie et on sent que la scénographie a déjà augmenté d’un niveau. La scène est déjà haute, mais le groupe a installé un stand supplémentaire pour permettre à ses membres de dominer pleinement leur public, déjà chaud.
A Soul With A Gun. Premier morceau du premier album, Deliver Us, sorti en 2025, et premier morceau du set. L’entrée en matière est instantanée. On alterne tout de suite entre riffs metalcore lourds et refrains plus clairs mais puissants. L’ambiance est posée, et le public adhère tout de suite à la proposition.
Sur scène, quatre musiciens. Un batteur au rythme impeccable, un guitariste qui ponce ses cordes à gros tirant à coups de mediator épais, un bassiste au style incroyable qui se meut sur scène comme une ombre, et un chanteur à la voix d’une autre planète. Les lumières tout à contre jour subliment le show, et le son est parfait.
Pendant quarante minutes, Lafayette enchaînent les morceaux, tous aussi brutaux les uns que les autres. Le groupe oscille entre metalcore et screamo, les breakdowns sont ravageurs et les refrains prennent aux tripes.
Atomic Threat From The Heart. Olivier Sicaud hurle les premiers mots du dernier single sorti en janvier dernier, premier que le chanteur enregistre avec le groupe depuis le changement de line-up en 2025. Morceau excellent, un véritable rouleau compresseur qui arrive à point nommé dans ce set. Je suis en sueur. Ma voix est déjà morte.
Le groupe nous offre même leur future sortie, prévue le 16 avril 2026, en avant-première. Quel cadeau. Plus dans l’émotion, le morceau nous permet de reprendre notre souffle, mais nous colle les frissons et nous mouille les yeux. On a hâte de découvrir ça.
Lafayette aura offert un set d’une rare intensité, en communion totale avec le public. The Fucked Up Song et Accelerate auront retourné la salle, et la performance vocale sur Forever Yours restera gravée dans les mémoires. L’audience est encore plus chaude que celle du Chaudron.
Ashen – Montée en puissance
C’était mon troisième concert de Ashen, les ayant vus deux fois en 2023 à Lyon. Si le premier concert au Ninkasi Kao m’avait laissé sceptique, la performance proposée lorsqu’ils avaient dû remplacer Polaris au Transbordeur m’avait complètement scotché. Mes attentes pour la soirée étaient donc grandes.
Depuis 2023, le groupe a beaucoup tourné et ça se ressent ne serait-ce qu’à travers la scénographie. Malgré la taille modeste de la scène, les Parisiens ont apporté avec eux quelques éléments scéniques qui – couplés aux lights – permettent une immersion rapide dans leur univers. Dès le premier morceau, l’attention du public est captée.
Rapidement, le groupe envoie Angel, un de ses tubes, dont le refrain nous restera d’ailleurs en tête tout le trajet retour. C’est propre, très bien exécuté, puissant. Tout ce qu’on attend d’un concert de metalcore. La performance offerte par le groupe est impeccable. Chaque membre donne sa vie sur scène, et ça se ressent clairement. On vit les émotions de Clément – le chanteur – avec lui. En témoignent les photos.
Très fan de leur premier EP, je suis ravi de prendre Sapiens dans les dents (il n’y a pas d’autre expression qui me vient à ce stade) derrière. Le riff d’intro est incisif, parfaitement synchronisé avec le show lights, c’est la claque. Sans parler du breakdown qui vient retourner la salle.
Le public est en ébullition. Les pogos et les walls of death s’enchaînent et on sent une vraie connexion entre les artistes et l’audience. C’est exactement ce genre de moments que je viens rechercher en concert. Pour confirmer ce lien, Ashen jouera sa fameuse reprise de Smell Like Teen Spirits de Nirvana, coup gagnant pour faire chanter le public.
Ashen a également à coeur de défendre son dernier album Chimera sorti en 2025. Instant émotions lorsque la formation entame Living In Reverse, morceau le plus pop de l’opus mais extrêmement bien exécuté en live. En guise de rappel, le groupe nous servira un enchaînement Chimera’s Theme / Cover Me Red, avec une outro hard techno sortie d’on ne sait où. Un pur régal.
En conclusion, un très bon set de plus d’une heure. Le groupe aura oscillé entre riffs poignants, breakdowns dévastateurs et envolées mélodiques splendides. On ne peut que vous recommander d’aller voir une des dates de leur tournée qui se poursuit cette année.
Photos : Pierre Target (à retrouver sur Instagram)
Un très grand merci à Juliette pour les accréditations.
