A peine rentrés de leur tournée asiatique, les Français de Novelists attaquent déjà leur tournée européenne accompagnés de Vianova et TSS. La première date se tenait à La Rayonne à Lyon, un concert qu’on ne pouvait pas rater et qu’on vous raconte en détails.
Vianova – Djent autotuné déjanté
Ce sont les Allemands de Vianova qui ouvraient la soirée. N’ayant pas trop accroché à leur album Hit It! sorti en 2025, j’étais curieux de voir le rendu sur scène. Et bien la surprise fut totale. Jamais je n’ai vu arrivé le djent autotuné, ni le moment ballade à la Elton John sous blast beat, et encore moins le wall of death sur du jazz. Musicalement, c’est déroutant. Mais prenant. Ça joue bien, et gras.
Les quatre membres du groupe arborent un dressing code élégant et clair, un style qui marche très bien avec la musique proposée et qui permet de se plonger dans l’univers. Niveau chant c’est technique, peut-être même un poil trop : à vouloir monter aussi haut on en perd un peu en justesse par moments, et c’est dommage.
En bref, une très bonne surprise, Vianova aura réussi à chauffer La Rayonne qui se remplit déjà bien.
TSS – Teenagecore
Avec TSS – anciennement The Sunday Sadness – on s’éloigne un peu de mes goûts musicaux. Le trio français propose une dark pop à la frontière entre emo et core et sort d’une tournée en co-headline avec Revnoir. C’est donc sans trop de surprise que nous les retrouvions sur cette affiche.
Les lumières de La Rayonne s’éteignent et commence alors une intro à base de gros synthé et lights, le tout en synchro. Je suis pris dès la première note. Le batteur rentre sur scène et commence à faire monter la mayonnaise. Le son est exceptionnel. Deux guitaristes arrivent à leur tour, c’est le début de la guerre. 0-0-0-0-0-0. La tablature est simple. Mais qu’est ce que c’est lourd !
L’un des deux guitaristes troque sa guitare pour un micro et est rejoint par un deuxième chanteur. L’un s’occupera des couplets – pour la plupart chantés en français – aux touches rap tandis que l’autre se chargera des envolées (très hautes) des refrains. On alterne donc entre des moments très émotionnels qui ne me séduisent pas tant que ça et des breakdowns brutaux qui ne sont ni assez long ni assez nombreux à mon goût.
En revanche, le set de quarante minutes est millimétré et très bien exécuté. Visuellement, c’est très efficace, on rentre facilement dans l’univers emo-gothique du groupe grâce à leurs tenues et à un espèce scénique décoré.
En bref, un show en demi teinte, très bien exécuté, mais trop loin de mes goûts personnels.
Novelists – Démonstration technique
21h30. La foule est massée devant la scène et attend l’extinction des feux. L’excitation est palpable.
C’est Camille Contreras – nouvelle chanteuse du groupe depuis 2023 – qui fait son entrée en première. Les premières notes de piano de All For Nothing, tiré de leur dernier opus CODA, résonnent alors que la chanteuse vêtue d’une magnifique longue robe rose prend place tout en haut de l’estrade. Moins de deux minutes de concert et je suis déjà scotché par sa voix claire.
Pendant plus d’une heure, le groupe défend ses titres tirés du dernier album et de leur EP Okapi, mais va également jouer plusieurs morceaux tirés de l’album Déjà Vu sorti en 2022 alors que Tobias Rische occupait encore le rôle de frontman. On alterne donc entre vrais moments metalcore, refrains clairs tout dans l’émotion, et démonstration guitaristique impressionnante. Pierre Danel et Florestan Durand offrent un show lunaire à coups de solos infinis mais également d’interludes douces qui viennent rythmer le concert. Notre regard sera définitivement accroché par ces deux acolytes et par le charisme fou de Camille. On regrettera d’ailleurs que la section rythmique soit légèrement laissée en retrait.
La scénographie reste très classique. Une estrade centrale permet à Camille de s’élever pour plusieurs morceaux, et plusieurs structures lights permettent d’obtenir un résultat visuel plaisant et efficace, sans être extraordinaire. On aurait pu par exemple attendre un backdrop ou une projection en fond de scène pour un rendu encore plus immersif.
Lyon aura su accueillir Novelists comme il se doit : l’ambiance dans la salle est formidable et le groupe semble ravi d’être sur les planches. Les pogos s’enchainent, et dès que Camille ordonne un circle pit ou un wall of death, l’audience s’exécute sans discuter. Lorsque Say My Name arrive, elle demande même à toute la salle de partir en slam. En l’absence de crash barrière, c’est sur la scène que la sécurité se charge de récupérer les dizaines de fans qui ont obéi à la frontwoman. La grande classe.
En bref, Novelists a très bien démarré sa tournée européenne. Le choix de l’affiche est judicieux et ravira des fans de tout horizon. La Rayonne s’est enflammée, et nous la quittons ravis du show auquel nous venons d’assister.
Photos : Pierre Target (à retrouver sur Instagram)
Un très grand merci à Anaïs (Sounds Like Hell) pour les accréditations.
