Après la sortie de son dernier opus The Human Fear et une première partie de sa tournée Greater Glasgow European Cultural Exchange au Royaume-Uni, Franz Ferdinand débutait la seconde moitié européenne au Transbordeur à Lyon ce lundi 23 mars. Pour l’occasion, les Ecossais avaient invité les Lyonnais de Irnini Mons (qui les suivront pour le reste des concerts), une soirée qui sentait bon la guitare saturée.
Irnini Mons – A la maison
Comment décrire la musique d’Irnini Mons ? Le premier terme qui me viendrait à l’esprit serait pipou-rock. Oui parce que Irnini Mons ça tabasse, mais tout en mignonnerie. Le quartet lyonnais est clairement sur scène pour envoyer des gros riffs à la frontière entre le punk et le psyché, mais tout en gardant un esprit presque enfantin. Un savant mélange entre La Femme et Talking Heads.
Repérés par Franz Ferdinand lorsqu’ils avaient ouvert leur concert aux Nuits de Fourvière en 2025, Irnini Mons propose un set de trente minute énergique, à la fois puissant dans l’intention et dans les textes. Oui, oui, on peut faire du rock engagé en parlant avec toute la délicatesse du monde (au moins au début).
Mes deux coups de coeur ? Montréal et Feu de Joie, deux titres de leur premier EP sorti en 2022. Vraiment le groupe mérite sa place de première partie, et aura même su emballer le public en plaçant judicieusement le début du riff de Take Me Out à la fin d’un de leurs morceaux. Brillant.
Franz Ferdinand – Une réelle signature sonore
Ce qui marque le plus avec Franz Ferdinand, c’est leur son. Vous pouvez ne pas connaître le morceau, vous pouvez deviner de qui il s’agit. Que ce soit le son distordu de la guitare ou la voix de Alex Kapranos, chaque son est signé de la patte du groupe écossais.
Le quintet rentre sur scène tout en simplicité à 21h, et pose l’atmosphère avec The Dark Of The Matinée, titre issu de leur premier album sorti en 2004. Vingt-deux ans plus tard, le titre n’a pas vieilli et le public répond tout de suite. La scénographie est relativement simple. Seule une grande arche bancale vient surplomber la formation. Mais les lumières font le boulot, et on retrouve une vraie ambiance rock épurée.
Pendant l’heure et demie du set, Franz Ferdinand va alterner principalement entre des tubes des premiers opus, et les titres du dernier qu’ils sont venu défendre. L’ambiance dans la salle suivra clairement cette alternance : on sent bien que le public lyonnais est plus accroché par les morceaux les plus anciens. Je n’avais pour ma part pas encore écouté en détails The Human Fear, mais plusieurs morceaux auront chatouillé mes tympans, notamment le très efficace Hooked ou le merveilleux Black Eyelashes, durant lequel Alex Kapranos rend hommage à ses origines en jouant sur un bouzouki et en chantant en grec !
Alex Kapranos sera d’ailleurs clairement le personnage principal de la soirée. Le charisme infini du frontman attire l’oeil et le bloque, malgré la très bonne performance de tous les membres du groupe. Chaque morceau sera accompagné de son iconique petit saut jambes écartés, poussant le public à bouger. La quasi totalité des interactions avec le public seront faites en français, pour le plus grand bonheur des fans. C’est toujours un plaisir de voir un artiste faire l’effort de s’exprimer dans la langue de son audience. Chapeau.
Le concert se finira en apothéose. Avant le rappel, le groupe envoie leur fameux Take Me Out, qui réveille un Transbordeur qui semblait commencer à fatiguer. Le riff iconique des écossais résonne dans l’ancienne usine des eaux de Grand Champ. S’en suit l’excellent Ousiders, tiré de You Could Have It So Much Better de 2005. Le groupe revient sur scène avec Jacqueline, mon personal favorite, et l’intensité ne redescendra qu’à la fin du show après This Fire qui conclut parfaitement un set de très grande qualité.
En conclusion, une très belle soirée rock dans la salle mythique lyonnaise. On pourra seulement relever le prix de place un peu élevé dans cette ère où l’accès à la culture est de plus en plus discuté.
Photos : Pierre Target (à retrouver sur Instagram)
Un très grand merci à Mélanie pour les accréditations.
