Le rock californien est décidément à la mode en ce moment, sur tous les fronts. Young the Giant, Foo Fighters, mais aussi Social Distortion. La formation drivée par le chaud-bouillant Mike Ness nous gratifie en effet de son grand retour, lequel met fin à une absence discographique de quinze ans. Le petit dernier, paru via Epitaph Records, se prénomme Born To Kill et force est de constater que ces sacrés bons vieux Californiens sont effectivement bien nés pour tuer… musicalement s’entend.
Entre rock introspectif et rock nerveux
Born To Kill est précisément le morceau éponyme de cet album, celui qui a en plus l’insigne honneur de l’ouvrir. Et quelle ouverture ! En véritables trombes, en fanfare même ! Mike Ness et les siens y donnent, d’entrée de jeu, la pleine mesure de leur rock hyper nerveux, prêt à en découdre dès les premières notes.
Un explosif Born To Kill qu’Oasis, par la voix de Liam Gallagher, aurait très bien pu interpréter. Des similitudes tant vocales que musicales qui sautent aux oreilles, tant elles paraissent criantes et évidentes. Mike Ness et sa bande ont pourtant, malgré ce tempétueux morceau éponyme, de l’énergie à revendre et du ressort, ce qu’ils prouvent avec brio sur le sulfureux No Way Out, le décapant Never Goin’ Back Again ou encore le non moins percutant Walk Away Don’t Look Back, voire même l’urgent Tonight.
Néanmoins, ce nouvel opus de Social Distortion n’est pas qu’une succession de riffs incisifs, car il accorde également une large place aux titres introspectifs, savant mélange de country et de rockabilly. Parmi ceux-ci, on débusquera le prenant The Way Things Were, qui aurait certainement plu à un certain Bruce Springsteen, tant par la voix de Mike que par les petites notes de piano accompagnant formidablement la guitare.
Citons également Partners In Crime, là encore influencé par Oasis, ou même Idlewild, Crazy Dreamer qui voit la participation de Lucinda Williams, Over You et surtout la belle reprise de Wicked Game d’Chris Isaak, que l’on reconnaîtra sans mal. Un album donc tantôt énergique (Born To Kill, Never Goin’ Back Again), tantôt introspectif et d’une énorme intensité émotionnelle.
Temps qui passe et nostalgie au menu
Une longue absence de Social Distortion qui s’explique en partie par les nombreux déboires auxquels Mike Ness a dû faire face, notamment sur le plan de la santé. Pourtant, en dépit de ces cruels coups du sort, le groupe a décidé d’aller de l’avant, de revenir sur le devant de la scène avec maestria et fougue. C’est un peu comme si les Californiens n’avaient jamais vieilli.
Malgré tout, Mike Ness et sa bande ne se privent pas de revenir, avec nostalgie, sur ce temps qui défile inexorablement. Une nostalgie et un impérieux besoin de rétrospective audibles surtout dans les morceaux introspectifs. Des titres tels qu’Over You, Crazy Dreamer, Partners In Crime et surtout The Way Things Were, ce dernier aussi poignant qu’émouvant, où Mike adopte une posture des plus nostalgiques par le biais de sa voix chevrotante.
Born To Kill sur la scène des Eurockéennes
Mike Ness et ses comparses nous feront l’honneur de leur présence sur la presqu’île du Malsaucy dans le cadre des Les Eurockéennes de Belfort, pas plus tard que le jeudi 2 juillet prochain. On pourra ainsi y entendre ce génial The Way Things Were, ce détonant morceau éponyme Born To Kill ou encore Wicked Game, dont les Californiens n’ont pas à rougir le moins du monde.
Born To Kill de Social Distortion : l’album rock parfaitement né pour tuer !
Morceaux conseillés : The Way Things Were, No Way Out, Never Goin’ Back Again, Born To Kill.
Jean-Christophe Tannieres
