Tigercub, Nets To Catch The Wind

Rédigé le 21/04/2026
Jean-Christophe Tannières

Retour fracassant du trio britannique Tigercub avec son nouvel album Nets To Catch The Wind, lequel succède à The Perfume Of Decay, paru en 2023.

L’album des plus saisissants contrastes

Sur ce nouvel effort, Nets To Catch The Wind, le trio originaire de Brighton évolue entre ombre et lumière, son brut de décoffrage et envolées aériennes, dans des contrastes aussi saisissants que flagrants. Des morceaux tels que Nightmares, I’m Breaking Out ou My Paper Heart mettent en évidence ces différences qui font que Tigercub est devenu, au fil des albums, un groupe qui compte sur la scène rock.

Contraste frappant également dans la voix de Jamie Hall, leader du trio, alternant entre affirmation frontale et sensibilité à fleur de peau, comme en témoignent le single A Black Moon, Cut The Eyes Out Of The Photographs et, dans une moindre mesure, Stuck In The Melancholy, voire Magic Sleep.

Qui dit sensibilité dit forcément émotion, une émotion qui se marie parfaitement avec le décor explosif et sulfureux porté par les riffs percutants de Jamie Hall.

Un clin d’œil à Fall Out Boy

Les riffs de Fall In Fall Out ne sont pas sans rappeler This Ain’t A Scene, It’s An Arms Race, morceau emblématique de Fall Out Boy extrait de l’album Infinity On High, sorti en 2007.

Au-delà de cette référence, l’ombre d’autres formations plane sur Nets To Catch The Wind. Les comparaisons avec Royal Blood, Queens Of The Stone Age pour le versant stoner, ou encore Muse, ne sont pas nouvelles. Ainsi, Magic Sleep et Stuck In The Melancholy lorgnent du côté du groupe de Matthew Bellamy, tandis que A Black Moon, Cut The Eyes Out Of The Photographs et le supersonique I’m Breaking Out laissent filtrer des relents à la Josh Homme.

Poussons même un peu plus loin avec Nightmares, dont la dimension aérienne évoque par instants certaines ambiances plus éthérées, à la limite de la ballade d’envergure.

Plus lumineux que son prédécesseur

Si The Perfume Of Decay baignait dans une noirceur quasi constante, Nets To Catch The Wind accorde ici davantage de place à la lumière, malgré quelques zones d’ombre persistantes. L’identité sonore du trio de Brighton reste intacte, mais s’ouvre à des nuances plus aériennes.

Les guitares rugissent toujours, mais des titres comme My Paper Heart ou Nightmares laissent respirer une forme de clarté qui s’impose progressivement.

De quoi rendre Tigercub plus accessible, sans rien perdre de son intensité. Et l’entêtant A Black Moon en est sans doute l’un des meilleurs exemples.

Avec Nets To Catch The Wind, Tigercub semble avancer avec assurance vers une forme de reconnaissance plus large. Les douze morceaux qui composent l’album — de Fall In Fall Out à Head Over Heels, en passant par Nightmares ou My Paper Heart — témoignent d’un groupe en pleine maîtrise de son identité.

Nets To Catch The Wind : un disque dense, tendu et habité, où la puissance musicale se conjugue à une vraie intensité émotionnelle.

Morceaux conseillés : Nightmares, Fall In Fall Out, Cut The Eyes Out Of The Photographs, I’m Breaking Out, A Black Moon.