Pour pondre un album, certaines formations aiment prendre leur temps. C’est ce qu’a fait, en substance, Black Label Society, Doom Crew Inc. (dernier album en date) remontant déjà à 2021.
C’est donc avec Engines Of Demolition (Spinefarm Music Group) que le taulier Zakk Wylde et les siens effectuent un véritable retour en force, mais aussi, et surtout, en émotion.
Quatre ans pour préparer un album
Contrairement à leur habitude, les membres de Black Label Society ne se sont pas précipités à l’aveuglette pour nous offrir Engines Of Demolition. Quatre longues années ont en effet été nécessaires pour sélectionner les treize morceaux qui composent ce nouvel album de Zakk Wylde et de sa bande. Ces treize titres ont été choisis parmi une quarantaine de nouvelles compositions, tant il fallait faire le tri.
Et ce dernier a été minutieusement opéré, puisque Engines Of Demolition oscille entre heavy metal abrasif et ballades introspectives teintées d’intonations sudistes, voire bluesy.
L’ombre d’Ozzy Osbourne plane plus que jamais
Depuis la nuit des temps, on connaît l’amitié qui unissait Zakk Wylde et Ozzy Osbourne, tous deux se connaissant par cœur comme les doigts de la main.
Comment, dès lors, pour Zakk comme pour l’ensemble du groupe, ne pas rendre hommage à l’icône de Black Sabbath ?
Chose faite avec l’émouvante et somptueuse ballade sobrement intitulée Ozzy’s Song. Car Ozzy, quoi qu’on en pense ou dise, était aussi un orfèvre en matière de ballades. Ordinary Man, en 2020, en reste une preuve éloquente.
Ozzy’s Song conclut ainsi, avec une intensité rare, Engines Of Demolition, porté par une émotion à fleur de peau et un solo de guitare à couper le souffle.
Un véritable engin de démolition
Une machine de guerre : voilà sans doute le qualificatif qui sied le mieux à ce douzième album de Black Label Society, tant l’électricité y règne en maîtresse.
Les hostilités s’ouvrent d’ailleurs sans attendre avec le surpuissant Name In Blood, single paru quelques mois après The Gallows. Le clou est enfoncé sur le sulfureux Gatherer Of Souls, autant que sur les percutants Broken And Blind, Pedal To The Floor ou encore Above And Below.
Que dire également de The Gallows, Broken Pieces, Lord Humungus et The Stranger, qui démontrent, eux aussi, que Black Label Society n’a rien perdu de son mordant. Zakk Wylde et les siens restent au sommet de leur forme, malgré la tristesse engendrée par la disparition d’Ozzy Osbourne.
Du heavy metal, certes, mais aux accents mélodiques
Le style Black Label Society est sans concessions, même si la mélodie parvient toujours à se frayer un chemin. Le superbe The Hand Of Tomorrow’s Grave permet d’en juger, tout comme l’introduction bluesy de Broken And Blind avant que tout ne s’embrase inexorablement.
Que ceux qui pensaient ce titre plus sage se détrompent : Zakk Wylde et ses trublions américains y font feu de tout bois.
La ballade : la vraie, l’authentique
Côté ballades, Ozzy’s Song s’impose comme le grand temps fort d’Engines Of Demolition, mais n’est pas le seul moment introspectif de l’album.
Back To Me, aux accents presque pop, et surtout le remarquable Better Days And Wiser Times prouvent, par A + B, que ces plages plus apaisées tiennent largement la comparaison face aux morceaux les plus massifs. Black Label Society sait aussi poser les jalons d’une écriture plus mélodique et ralentir la cadence avec justesse.
Quelques concerts dans l’Hexagone en juin prochain
Black Label Society fera, en juin prochain, escale devant le public français : le 16 au Trianon à Paris et le 22 à La Laiterie à Strasbourg. Deux rendez-vous qui s’annoncent électriques, denses et sans concession.
Engines Of Demolition : un hommage appuyé à Ozzy Osbourne, porté par la signature sonore inimitable de Zakk Wylde et Black Label Society.
Notre sélection : Ozzy’s Song, The Hand Of Tomorrow’s Grave, Better Days And Wiser Times, Broken Pieces.
