Plane’R Fest – Jour 2 : claque sur claque

Rédigé le 17/07/2026
Axel Poyet

Samedi 4 juillet. Montcul. C’est parti pour le deuxième et dernier jour du Plane’R Fest. On arrive sur le site en début d’après-midi pour les interviews, il fait très chaud mais l’espace presse est climatisé, et l’accueil est incroyable. On en profite donc ici pour remercier l’équipe du Plane’R pour ça.

After The Outbreak – Poussière et coups de soleil

15h50. Terminal 1. Les locaux de After The Outbreak montent sur scène. Les Lyonnais ont remporté leur droit d’être ici en gagnant le tremplin du festival, et c’est mérité. Je suis tout particulièrement fan du fait de donner accès à des grosses scènes aux groupes émergents. On sent leur gratitude d’être là, et ça rajoute vraiment quelque chose à l’expérience. Sous un soleil de plomb, After The Outbreak déverse son metalcore sur un public qui bouge, soulevant toute la poussière du site. L’ambiance est déjà au rendez-vous. Refrains puissants, breakdowns, blegh, je suis conquis.

After The Outbreak, vainqueurs du tremplin

Imparfait – Parfait

On se déplace sur le Terminal 2 pour un groupe que j’affectionne tout particulièrement : Imparfait. Le trio m’avait séduit à Genève il y a quelques années, et j’étais curieux de voir leur évolution. Spoiler : aucune déception. Bien au contraire. Imparfait c’est avant tout une énergie exceptionnelle sur scène. Une basse, une batterie. Et surtout une chanteuse au charisme infini. Queen. Musicalement on est sur un genre de Rage Against The Machine version moderne. Ca envoie, et surtout ça ne s’arrête pas. Sûrement le concert pendant lequel j’aurai le plus dansé du weekend. Petit moment inattendu : le bassiste enfile une bague connectée lui permettant d’appliquer des effets sur son son grâce à des mouvements de main. Ultra efficace, que ce soit sur le plan musical ou visuel !

On aura dansé sur Imparfait

Smash Into Pieces – Il ne faisait pas assez chaud ?

Alors qu’il fait encore très chaud, les Suédois de Smash Into Pieces rentrent sur le Terminal 1. Ils proposent un metal alternatif qui a l’air de séduire le public qui connaît clairement les paroles de tous les refrains. Personnellement, je découvre. Visuellement c’est très intéressant, le batteur est sous un masque LED, et mime les interludes parlées entre les morceaux. Pyrotechnie sous canicule. La source de chaleur supplémentaire qu’on avait pas demandé mais qui fait son effet. Musicalement, c’est très (trop ?) produit. Beaucoup de choses en backing track, le chant a l’air un peu artificiel. Et je ne suis donc pas séduit par la performance, contrairement au public qui, lui, répond présent.

Du feu sous canicule, et on aime ça

Calva Louise – La claque émotionnelle du weekend

J’avais découvert Calva Louise sur les réseaux, notamment grâce à leur spécialité visuelle : un clavier monté dans un tiroir, qui permet à la chanteuse / guitariste / pianiste de le sortir ou le rentrer à sa guise sur scène. En revanche sur le plan musical, j’étais en découverte totale. Et bon sang. Quelle claque. Le mélange d’influence est hyper intéressant et efficace. On alterne entre des couplets plutôt doux, parfois en espagnol (la chanteuse est originaire du Vénézuela), tirant sur un rock un peu punk, et des passages très core, à grands coups de breakdowns ravageurs. La performance de la chanteuse me scotche complètement. Vocalement c’est parfait, et sa prestance est lunaire. Elle profitera de l’occasion pour parler de la situation au Vénézuela après le violent séisme qui a touché le pays. Moment très fort, tout le monde se frotte les yeux. Un concert exceptionnel.

Un des plus beaux concerts du weekend : Calva Louise

Knuckle Head – La délicatesse avant tout

J’avais déjà pu voir le duo au Sylak l’année dernière et je savais donc à quoi m’attendre. Les gars sont là pour envoyer du très lourd. Du blues rock énervé, un batteur qui explose ses cymbales tout en envoyant clopes et whisky, ça sent bon le vieux pub enfumé. Le concert était plutôt bon, mais je pense que ce groupe bénéficie surtout de l’effet de surprise, que je n’avais donc pas cette fois-ci. En revanche on se prend facilement au jeu, et la tête bouge rapidement d’avant en arrière.

La cymbale de Knuckle Head ne passe pas sa meilleure soirée

Wind Rose – Au pays des nains

Tête d’affiche du festival, Wind Rose débarque sur le Terminal 1 avec une scénographie impressionnante. Que ce soit par les décors ou les costumes, l’immersion est garantie. Les Italiens proposent un power metal orienté sur un monde héroïque fantaisie, influencé par les jeux vidéos, ou les Warhammer. Les premières dix minutes sont noyées dans les basses, et il est impossible de comprendre ce qu’il se passe. Très curieux de voir un son comme ça pour une tête d’affiche. Mais le problème est finalement résolu et on peut se pencher sur le contenu. Le power metal n’est clairement ma tasse de thé, mais je suis tout de même scotché par le pouvoir de Wind Rose à fédérer son public. Beaucoup de gens agitent des pioches gonflables, on est vraiment au pays des nains et l’ambiance est complètement dingue.

Wind Rose nous emmène dans son univers

The Browning – Concert du weekend

La fin du festival approche, mais il y a encore de belles choses à voir. Et The Browning faisait partie des concerts à ne pas rater du weekend. Entre deathcore et EDM, les Américains étaient clairement là pour retourner Montcul, et c’est ce qu’ils ont fait.  Littéralement. Je n’ai pas vu passer les 50 minutes du set. Le groupe a enchaîné les breaks brutaux, et les passages EDM à grands coups de basse. Le pit était à l’envers. Dans la nuit sombre du Plane’R et sa poussière, l’audience répond aux incessants appels de Jonny McBee à bouger, mosher, sauter. Je vibre à chaque breakdown, ma mâchoire tombe par terre. Visuellement le show light est millimétré et ultra efficace. La claque du weekend. The Browning sera de retour en France (Paris, Lyon et Toulouse) en novembre avec Abbie Falls et Within Destruction, foncez !

The Browning a cassé Montcul

Shaârghot – Clôture parfaite

On ne présente plus Shaârghot. Leur identité visuelle est devenue une référence dans le monde du metal indus. Malgré la claque sur le concert précédent, je me rends sur le Terminal 1 pour voir la dernière performance du weekend. Et je n’ai aucun regret. Visuellement on jongle entre surprise et inquiétude. Les différents personnages intriguent, mais effraient un peu aussi. Je pense notamment à la mante religieuse (oui, oui) géante qui m’aura à la fois fasciné et terrorisé ! Musicalement, je suis trop rincé pour rentrer complètement dans la proposition du groupe, mais je passe tout de même un super moment, l’audience répond présent pour ce dernier show.

Clôture à l’image du festival, excellente

En conclusion, le Plane’R Fest 2026 était absolument incroyable ! Première pour moi, mais très clairement pas la dernière, je serai de retour en 2027, et je vous le conseille également !

Un immense merci au Plane’R Fest pour les accréditations.

Photos : Pierre Target (à retrouver sur Instagram)