Cinq ans pile poil après un très remarqué The Bitter Truth, Evanescence revient plus que jamais en forme avec son nouvel album Sanctuary. Il s’agit du sixième effort de la formation emmenée par Amy Lee, sa chanteuse à la voix aussi douce que cristalline.
Plus brut de décoffrage
Evanescence ne se renie pas. Amy Lee et les siens s’attachent à conserver leur ADN musical, cette marque de fabrique qui fait leur succès depuis 2003 et le célèbre Bring Me To Life. Pourtant, Sanctuary, nouvel opus du groupe, imprime à son style une patte un brin plus rock, disons même un brin plus brut de décoffrage. Self Destruct et Beautiful Lie, à eux deux, permettent d’en juger. Amy et sa bande musclent tant le chant que les riffs de guitare, et les morceaux font obligatoirement mouche ! Une musique puissante, des refrains entêtants, voilà bien tout ce qui constitue le sel comme la moelle de l’Evanescence cru 2026. Qui mieux que le single Who Will You Follow pour en attester ? À celui-ci a succédé, côté singles, le tout aussi électrique Tell Me When You’ve Had Enough.
Une petite dose d’électro
Chez Evanescence, les guitares jouissent d’un réel pouvoir, c’est indéniable, mais les claviers se réservent toujours le droit à la parole. Sur About Us ou encore Call Me Down, ils donnent à la musique d’Evanescence une légère teinte électro-rock, voire rock FM ou gothique, un peu à l’image des Suédois de Ghost et d’Europe. Un compromis qui ravira sans nul doute ceux qui ne sont adeptes ni d’un rock trop guimauve ni d’un rock trop hard. L’éponyme Sanctuary et Rapture jouent également sur cet équilibre entre boucles synthétiques et guitares.
Le piano et les ballades dans tout ça ?
Aux claviers et aux guitares vient se greffer un instrument très prégnant dans la musique d’Evanescence, à savoir le piano. Sanctuary, à l’image de ses glorieux prédécesseurs, ne fait pas exception à la règle. Dans les ballades comme dans les morceaux rock, le piano se remarque et s’entend, même très discrètement dans l’électro-rock Call Me Down. Forever Without You et How Do I Heal, émouvantes ballades en duo piano-voix, soutiennent formidablement la comparaison avec le magnifique My Immortal de 2003 qui, au même titre que Bring Me To Life, avait fait grande sensation. En associant ballade et réminiscences du passé, Wide Open Heart n’est pas sans rappeler Wasted On You, morceau qu’Amy Lee et sa bande avaient publié durant la pandémie de 2020, quelques mois avant la sortie de The Bitter Truth. Avec Sanctuary, Evanescence ne prétend pas révolutionner le rock, mais garde bien présent à l’esprit le souci de durcir quelque peu le ton, comme si l’étiquette de groupe pour midinettes lui collait encore à la peau et que la formation d’Amy Lee voulait absolument s’en débarrasser. Evanescence demeure un groupe qui compte toujours sur la scène rock, ce que Sanctuary ne pourra que confirmer.
Sanctuary : le retour en pleine lumière d’Evanescence !
Morceaux conseillés : Self Destruct, Forever Without You, Beautiful Lie, Sanctuary.
Jean-Christophe Tannières