The Boxer Rebellion – The Second I’m Asleep

Rédigé le 04/05/2026
Jean-Christophe Tannières

C’est avec un plaisir presque palpable que l’on retrouve The Boxer Rebellion pour un nouvel album, The Second I’m Asleep, leur septième opus paru le 27 mars dernier via Absentee Recordings. Un retour qui ne passe pas inaperçu, tant l’attente s’était installée au fil des années, seulement ponctuée par la sortie de l’EP Open Arms il y a déjà deux ans.

Un retour qui sonne comme une respiration, loin de toute urgence ou agitation.

Un disque habité par la lumière

À rebours d’une époque souvent marquée par les tensions et les éclats sonores, le groupe mené par Nathan Nicholson choisit ici une trajectoire apaisée.

Sans jamais avoir cultivé la rage, The Boxer Rebellion pousse encore plus loin cette inclination vers la retenue et la nuance. De l’élan délicat de Flowers In The Water à la douceur poignante de Don’t Leave Yet, l’album déploie une palette d’émotions tournée vers l’apaisement.

Produit par Billy Bush (Garbage, L7), avec le soutien de Rees Broomfield et Kevin Grainger, The Second I’m Asleep s’impose comme un écrin de textures soignées, où chaque arrangement semble pensé pour laisser respirer les morceaux. Il s’en dégage une impression d’équilibre, presque suspendue, où l’espoir affleure sans jamais forcer le trait.

La voix de Nathan Nicholson, toujours aussi claire et maîtrisée, agit comme un fil conducteur. Elle se déploie avec aisance entre nuances aériennes et intensités plus profondes, notamment sur Satellite Above, Storm Chaser ou encore Hidden Meanings, autant de titres où l’émotion circule avec naturel.

Entre retenue électrique et élégance acoustique

Si The Boxer Rebellion n’a jamais été un groupe de déflagrations, ce nouvel album confirme son attrait pour les climats feutrés. L’électricité s’y fait discrète, presque en retrait. Flowers In The Water apporte une énergie plus vive, bientôt relayée par Satellite Above et son entame marquée par une batterie inspirée. Quelques titres comme This House, Last Of A Dying Breed ou Second Guess laissent filtrer des guitares plus présentes, sans jamais rompre l’équilibre général.

Le reste de l’album s’inscrit dans une forme de contemplation assumée. Perception, Hidden Meanings, Storm Chaser, Don’t Leave Yet ou encore Your Side Of Town privilégient les ambiances introspectives, portées par un piano omniprésent qui vient subtilement enrichir chaque composition. L’ensemble évolue dans une atmosphère presque cinématographique, où chaque note semble prolonger l’émotion.

Un retour tout en nuances

Avec The Second I’m Asleep, The Boxer Rebellion signe un retour délicat, construit sur la finesse plutôt que sur l’impact immédiat. Un disque qui ne cherche pas à s’imposer par la force, mais qui s’installe progressivement, à mesure que ses mélodies s’infiltrent.

Un album à apprivoiser, qui confirme la capacité du groupe à évoluer sans jamais se trahir.

Morceaux conseillés : Don’t Leave Yet, Your Side Of Town, Storm Chaser, Last Of A Dying Breed.