De retour au Domaine national de Saint-Cloud pour cette troisième journée, on ne boude pas notre plaisir. Après la pop de la veille, ce vendredi prend des couleurs nettement plus rock : indé, à guitares, électrique, avec en ligne de mire le grand Nick Cave, attendu en clôture de sa tournée française.
C’est Kingfishr qui nous met dans le bain. Le trio folk-rock irlandais de Limerick, révélé par son tube Killeagh, numéro un chez lui, déroule ses ballades à la voix grave et au banjo chaleureux. Parfait pour lancer la journée en douceur, assis sur un sol qui a seché depuis le déluge de la veille.
Changement de braquet avec Biffy Clyro. Deux semaines après les avoir vus au Sziget, on est ravis de retrouver les Écossais à Paris, et on se place tout devant pour ne rien manquer. Leur complicité fait toujours plaisir à voir, et la présence de deux violonistes sur scène apporte une profondeur bienvenue aux morceaux en live. L’intro de Living Is a Problem Because Everything Dies est toujours aussi grandiose. Le groupe pioche allègrement dans ses anciens albums et passe sa discographie en revue. Une véritable débauche d’énergie rock.
On file ensuite découvrir Tyler Ballgame, et quelle belle surprise. L’Américain, songwriter à l’ancienne dont la voix puissante évoque Roy Orbison ou Harry Nilsson, captive sous le soleil de fin d’après-midi. Une vraie découverte.
Pas le temps de se poser qu’on part en direction de la scène AXS pour Kurt Vile & The Violators. Guitare en bandoulière, le songwriter de Philadelphie semble littéralement possédé par sa musique, perdu dans ses arpèges hypnotiques. Un moment planant magnifié par les rayons de soleil.
Retour sur la grande scène pour The Black Keys. Le duo d’Akron, Dan Auerbach à la guitare, Patrick Carney à la batterie, est impérial : le son de guitare est dément, le groove blues-rock imparable. Les tubes défilent sans faiblir, de Gold on the Ceiling à Howlin’ for You, en passant par l’incontournable Lonely Boy qui met tout le monde d’accord en fin de set. On en prend plein les oreilles.
Puis vient Franz Ferdinand, et l’énergie est géniale. La bande d’Alex Kapranos déroule un chapelet de tubes dansants : The Dark of the Matinée, This Fire, Do You Want To, entrecoupés de titres de leur dernier album The Human Fear. Et lorsque retentit l’inévitable Take Me Out, c’est toute une foule compacte qui en reprend le riff et le refrain en chœur. On adore.
Et puis, le point d’orgue : Nick Cave and the Bad Seeds, le boss de la soirée. Sur la grande scène, l’Australien livre un set magistral, entre nouveaux titres de Wild God et classiques incontournables. Mention spéciale pour O Children, ce titre popularisé par Harry Potter et les Reliques de la Mort. Un concert tout simplement incroyable, et la plus belle des conclusions.
