Voilà déjà des mois que l’on vous cartonne leurs morceaux à tours de platines dont Elephant, Headlights ou encore Have You Nothing Left To Say et son intro en premières notes de l’hymne américain. Un succès, parce que Fai Laci est doté d’un sens de la mélodie qui touche et subjugue quiconque se donne la peine d’écouter les morceaux. Ajoutons à cela des paroles entêtantes, qui se retiennent aisément.
Petit portrait de Fai Laci
Fai Laci est un quintet américain originaire de Boston, principalement articulé autour de son leader et chanteur Luke Faillaci. Les autres membres se nomment Anthony Cervone, Cal Hamandi, Zack Putnam et Michael Goldblatt. Le groupe enregistre, pratiquement dans l’indifférence et l’anonymat, plusieurs singles et EP jusqu’à ce qu’un beau jour Luke Faillaci et les siens tapent dans l’œil autant que dans l’oreille d’un certain Dan Auerbach. Dans la foulée, ce dernier fait signer Fai Laci au sein même de son label Easy Eye Sound. Et c’est ainsi qu’Elephant In The Room, premier véritable album du quintet, vient de voir le jour, enregistré dans le studio d’Easy Eye Sound à Nashville.
De grandes ressemblances avec les Black Keys
La présence de Dan Auerbach à la production n’est bien évidemment pas étrangère à l’influence des Black Keys qui jalonne la presque totalité de l’album. L’ombre du maître Dan, bien que celui-ci soit encore loin d’être mort, plane sur Elephant, Headlights, Beautifully Boring ou encore Cure Upon The Hill. Quant à Have You Nothing Left To Say, il semble se détacher de cette patte Black Keys/Dan Auerbach qu’il faudrait être inerte pour ne point remarquer. Fai Laci n’est pas sans rappeler un autre poulain de l’écurie Easy Eye Sound, à savoir le songwriter d’origine africaine Jon Muq, auteur de l’excellent album Flying Away. Comme quoi, les Black Keys et leur style ne cessent de faire des émules grâce à Dan Auerbach comme à son label Easy Eye Sound.
Savant mélange de punk british et d’introspection
Fai Laci, sur cet album Elephant In The Room, a eu le bon goût de nous gratifier de morceaux tantôt tempétueux (Have You Nothing Left To Say, Headlights, Sarasota), tantôt propices à l’émotion, tels que She Knows, Cure Upon The Hill, Kind Of Girl ou Beautifully Boring. Elephant In The Room s’apparente donc à un savant mélange entre urgence électrique et introspection avec, pour dénominateur commun, la superbe voix de Luke Faillaci. Une voix qui, disons-le, se rapproche réellement et incontestablement de celle de Dan Auerbach. Qu’ils génèrent l’émotion ou le rock façon british, les dix morceaux constituant Elephant In The Room allient aussi bien efficacité que sincérité.
Une multitude de singles aux fortunes diverses
Avant qu’Elephant In The Room ne paraisse, de nombreux singles se sont frayé un chemin vers les platines et les plateformes numériques, apportant en éclaireurs la bonne parole de Fai Laci par la voix du prêcheur Luke Faillaci. Certains, comme Elephant, Headlights ou She Knows, ont connu un bel engouement radiophonique, alors que d’autres, aux antipodes, n’ont guère rencontré d’écho et ont ainsi été rapidement évincés des programmations musicales pour laisser place à des morceaux plus porteurs. Parmi ces quelques échecs, citons Sarasota et Have You Nothing Left To Say. Cure Upon The Hill, tout récemment dévoilé, doit encore faire ses preuves, mais cela devrait fonctionner pour lui car cette ballade, tant énergique que chargée d’émotion, possède tous les atouts pour au moins égaler Headlights et Elephant. En dépit de Sarasota et de Have You Nothing Left To Say, qui ne sont pourtant pas complètement nuls, Elephant In The Room ne respire que le positif et le son efficace. À charge désormais pour Fai Laci de confirmer et, à notre avis, le quintet de Boston en a les moyens. Certains morceaux ne jouissent pas du même retentissement, mais qu’importe, ce premier véritable album de Fai Laci va compter dans cette année 2026 car il devrait figurer, sans aucun doute et sauf gros coup de Trafalgar, parmi les grands albums de rock alternatif.
Elephant In The Room : l’album qui révèle Fai Laci à la face du rock comme du monde !
Morceaux conseillés : Headlights, Beautifully Boring, Elephant, Kind Of Girl.
Jean-Christophe Tannières
