Hier 14 juillet, ça n’a pas été la fête nationale attendue pour les amoureux du ballon rond mais heureusement l’ouverture du festival Guitare En Scène, réunissant légendes et jeunes talents du rock et du blues, nous promet comme chaque année le plus beau des feux d’artifice à 6 cordes!
C’est Florian Desbaillet qui a l’honneur d’accueillir les premiers festivaliers et seul avec sa guitare acoustique, il capte d’entrée l’attention du public de connaisseurs de GES, qui rappelons-le, limite volontairement sa jauge à 5000 personnes pour que chacun puisse profiter pleinement des concerts avec une qualité de son inégalée en festival. L’artiste maîtrise parfaitement la technique du « fingerstyle » qui consiste à utiliser la guitare de façon orchestrale, l’instrument servant également de basse et de percussions, comme il nous l’explique avec passion. Une très agréable entrée en matière qui nous fait voyager d’un style à l’autre tout en douceur.
Vient ensuite le tour de Taj Farrant, jeune prodige australien (17 ans !) qui, comme Matteo Mancuso l’an passé, fait partie de ces artistes très doués et prometteurs que l’on a hâte de découvrir ! Effectivement on est impressionné par la maîtrise et la rapidité de jeu de « l’ad’aussie », mais le set est principalement constitué de reprises (c’est d’ailleurs ainsi qu’il s’est fait connaître sur les réseaux sociaux dès ses 10 ans) et en passant d’un standard à un autre, on peine à cerner la personnalité qui se cache derrière toute cette démonstration technique de haute volée. Laissons le temps faire son oeuvre et gardons un oeil sur cette belle promesse.
Direction la grande scène pour retrouver une ambiance plus apaisante avec l’une des grandes stars du jazz moderne, Gregory Porter ! Dès les premières notes, on est embarqué dans l’univers soul et cette voix profonde et chaude semble s’adresser directement à nos cœurs, ce qui suscite plusieurs vivas dans la foule. L’artiste laisse également la part belle à ses musiciens qui se lancent dans des impros solos à plusieurs reprises et le set entier est ainsi une déclaration d’amour à la musique, tous styles confondus. Un très beau moment de partage très applaudi, à raison!
Après un petit tour à la scène quartier libre pour profiter à nouveau du talent de Florian Desbaillet et se rafraîchir, retour sous le chapiteau pour un artiste qu’on ne présente plus et qui, comme beaucoup d’amoureux de la guitare, est désormais un habitué du festival, Ben Harper et ses fidèles « criminels innocents » ! On se souvient encore de la prestation de haute volée de ces artistes ici-même en 2022, qu’en sera-t-il cette année ? Eh bien à nouveau un excellent concert, largement plus inspiré que celui livré aux Eurockéennes il y a 10 jours. Et l’ambiance du festival y est certainement pour beaucoup, le public étant très réactif dès l’entrée en scène et saluant de vivas les nombreux hits du set, dont « Walk away » et « Please bleed » joués magnifiquement en solo acoustique, pour se terminer, non pas par « With my own two hands » dantesque comme il y a 4 ans, mais par « Amen Omen » très poignant. Un très bon concert donc (sans photos à cause d’un contrat de prod odieux) mais l’essentiel a bien eu lieu, l’osmose entre un artiste et son public, et l’on n’est pas surpris lorsqu’il déclare que c’est l’un des festivals qu’il préfère au monde.
C’est avec douceur que cette première journée s’achève avec la voix unqiue de Sarah Brown. Longtemps choriste au sein des Simple Minds (notamment pour un show magique ici-même l’an passé), la britannique se lance en solo en rendant hommage à Mahalia Jackson, une des reines du gospel. Prenant le temps de corriger quelques soucis techniques, l’artiste à a coeur d’offrir la meilleure expérience aux spectateurs et tout son concert sera orienté dans le partage, invitant régulièrement l’audience à chanter. Et c’est sur ces notes bleues que nous quittons cette magnifique première soirée en ayant hâte d’être à demain !
Texte et photos: Fabien Mathieux
