Vendredi 3 juillet. Montcul. Le Plane’R Fest ouvre ses portes pour l’édition 2026. C’est ma première fois dans ce festival qui pourtant est devenu un grand classique pour les amatrices et amateurs de musique extrême de la région lyonnaise.
Niveau accès, en voiture c’est très simple et très bien organisé. Le parking est proche, les indications sont claires, et les bénévoles sont bien présents pour aider. La bonne humeur se fait sentir dès les premières interactions.
Ce qui marque tout de suite à notre arrivée, c’est le site à taille humaine. Aucune queue pour récupérer nos bracelets ou pour rentrer. Depuis la sécurité, on peut voir les deux scènes : le Terminal 1, légèrement plus imposante que sa petite soeur, le Terminal 2. La proximité avec l’aéroport et le fait que le site du festival soit une ancienne base aérienne expliquent le jargon omniprésent de l’aviation.
En bref, le site est bien pensé, on peut circuler, on peut consommer, et les fans de shopping seront ravis, puisqu’un nouveau metal market a fait son apparition cette année. Je suis complètement dans mon élément.
Mais place à la musique !
Goatfather – Une ouverture en lourdeur
Ce sont les Lyonnais de Goatfather qui avaient la responsabilité d’ouvrir les hostilités sur le Terminal 1. Encore en plein soleil, le public s’amasse devant la scène alors que les locaux envoient les premiers riffs d’une lourdeur extrême. On est sur du stoner puissant, et très bien fait. Sans que ce soit mon style de prédilection, je me laisse prendre, le son est bon et l’énergie du groupe est là. Une très belle performance.
Heart Attack – La température monte
Au tour de Heart Attack de fouler les planches, du Terminal 2 cette fois. J’avais déjà pu les voir au Sylak il y a quelques années, et l’expérience a été très similaire : des passages très lourds, très core, qui chauffent ma nuque et mon dos, et des passages plus trash auxquels j’adhère moins. L’ambiance est au rendez-vous : un circle pit géant autour du guitariste descendu dans la fosse, des walls of death, le public est déjà bouillant ! Le point clé du concert : le groupe invitera une chanteuse lyrique sur le dernier morceau et c’était fou.
Psykup – Autruche-core
Après une petite pause pour découvrir le site et se sustenter, on repart sur le Terminal 2 avec Psykup. Le groupe français s’auto-qualifie de « autruche-core ». Vous allez me dire « WTF ? ». Et je vous répondrais « Exactement ». Musicalement, c’est le bordel. On ne sait pas ce qu’on écoute, mais on aime ça. On change de rythme toutes les quatre secondes, tantôt breakdown core, tantôt hip hop, tantôt ambiance jazzy. Avec leurs deux chanteurs, Psykup assurent et proposent un set très solide.
Imminence – Violons et frissons
C’était sûrement ma plus grosse attente du weekend. Je suis très fan du groupe, je les avais déjà vus à La Rayonne, et j’avais hâte de les revoir. Au début du set, le son n’est pas incroyable, et je peine à rentrer dans le concert, un peu déçu. Pourtant, les Suédois enchaînent les tubes, principalement du dernier album, The Black. Mais la mayonnaise ne prend pas. Du moins pas tout de suite. Le son s’améliore. La setlist aussi. La deuxième partie est beaucoup plus convaincante, la nuit tombe, et visuellement le show prend forme. Les premiers frissons arrivent lorsque le chanteur hurle dans son violon, donnant une impression de cri distant, perdu dans la reverb. Le set se terminera sur God Fearing Man et The Black, morceaux extrêmement riches en émotions. Je vibre complètement. Le guitariste attaque sa grosse corde à l’archet sur le breakdown. Malgré un début poussif, je prends une vraie claque.
Revnoir – Moderne et efficace
Une autre attente de ce weekend. Je n’avais encore jamais vu Revnoir, et j’en attendais beaucoup. La foule s’est rapidement amassée devant le Terminal 2 : je ne suis clairement pas seul à avoir des attentes pour ce concert. Mais problème : le son n’est pas au rendez-vous. Je suis pourtant placé au niveau de la régie, mais pas de guitare en façade. Pourtant le chanteur est excellent et le groupe donne tout. Je tente ma chance en m’avançant, pas mieux. Déçu, je m’éloigne un peu, me disant que j’aurai d’autres occasions de les voir. Mais le son s’améliore d’un coup (peut-être un souci technique !). Je fais rapidement demi-tour pour profiter des dernières quinze minutes. Et là on parle ! Quel plaisir de retrouver la guitare ! Le metalcore moderne de Revnoir retourne le pit, break sur break, et la performance vocale m’impressionne. Tant dans les screams que dans son chant clair, le frontman nous attrape et nous emmène avec lui. J’aurai l’occasion de revoir le groupe au Motocultor cette année, et j’y serai !
Kanonenfieber – WWI
Tête d’affiche du soir, les Allemands de Kanonenfieber étaient attendus par un grand nombre de personnes sur le site. Pour être transparent, je ne connaissais pas du tout. Le groupe se propose de rendre hommage aux victimes de la première guerre mondiale, à travers une immersion historique. Musicalement, c’est du blackened death metal, donc pas mon style préféré. Mais l’exécution est impressionnante. Sur le plan visuel, c’est incroyable. Les décors nous plongent dans la guerre, dans les tranchées. Mais la scénographie est évolutive et bouge au fur et à mesure que le set avance. Sous les bombes, sous la neige, sur un bâteau, Kanonenfieber nous raconte la guerre, et on se laisse prendre. Les costumes sont également très travaillés. Rajoutez à tout cela la pyrotechnie et vous avez un show impressionnant. Clairement la plus grosse claque visuelle du weekend.
Sierra Veins – After party sous dark wave
C’est Sierra Veins qui avait pour mission de clôturer cette première journée de festival. Seule sur scène, entourée de ses machines et de rideaux LED, la Française propose une dark wave lourde, violente et mélancolique. Je pensais la voir principalement à ses machines, mais elle passera également beaucoup de temps sur le devant la scène, au chant. Sa prestance et son charisme sont impressionnants. Musicalement ça tape fort, les basses font vibrer Montcul. Une très bonne conclusion à une très bonne première journée !
En bref, un vendredi réussi pour le Plane’R ! On a déjà découvert beaucoup de groupes, et la journée du lendemain s’annonçait encore plus chargée… A suivre !
Un immense merci au Plane’R Fest pour les accréditations.
Photos : Pierre Target (à retrouver sur Instagram)
