Embrace, Avalanche

Rédigé le 09/07/2026
Jean-Christophe Tannières

Après trente ans de carrière, les Britanniques d’Embrace nous livrent Avalanche, leur neuvième album paru chez Cooking Vinyl. Et en trente ans, le moins que l’on puisse dire, c’est que rien, ou presque, ne change !

Éternelle copie de Coldplay

Le style d’Embrace évolue peu, dans le sens où l’influence de Coldplay demeure inamovible, comme un caillou dont une chaussure ne pourrait se délester ou un chewing-gum que l’on ne parviendrait pas à décoller d’un habit. Emily, Road To Nowhere ou encore Stop ne permettent pas d’inverser cette tendance ni d’autoriser Danny McNamara et sa petite clique à couper le cordon musical avec la formation de Chris Martin. Coming Home, ballade religieuse autant que sépulcrale, voit le groupe originaire du Yorkshire poursuivre dans le réchauffé, le déjà-vu et le déjà-entendu. Coldplay colle décidément à la peau d’Embrace et il semble vain d’espérer que Danny McNamara et les siens parviennent à s’en détacher totalement.

Timide sortie des sentiers battus

Avalanche n’est fort heureusement pas que du déjà-entendu, car Embrace tente, certes timidement, de nouvelles expériences musicales et de sortir des sentiers battus. Du très rock 80’s Up In Your Feelings à l’oasisien Funny, à l’ambiance quelque peu aérienne, la formation britannique montre que, lorsqu’elle le veut, elle est tout à fait capable de varier les plaisirs, de proposer tout autre chose qu’une copie, pâle ou non, de Coldplay. Et reconnaissons que cela fait tout de même plaisir ! Encore du bon rock bien électrique avec le virevoltant Pure O, qui contribue également, à l’instar de Funny et d’Up In Your Feelings, à installer Embrace dans une autre dimension, bien que ce bouleversement musical ne soit hélas qu’intermittent sur Avalanche.

Pouvoir d’émouvoir toujours intact

Ce qui ne change pas chez Embrace, et que l’on ne saurait déplorer, c’est ce fantastique pouvoir d’émouvoir, lequel reste toujours intact. Transition toute trouvée pour évoquer la ballade justement intitulée The Power, sur laquelle le piano et la voix de Danny McNamara règnent en maîtres, mais qui n’est pourtant ni la meilleure ni la plus émouvante de ce neuvième album des petits gars du Yorkshire. The Power, à l’image d’Emily, se voit dépassé, voire surpassé, par Get Out Of My Own Way et surtout par le somptueux Deny qui, sans conteste, est et demeurera le grand temps fort d’Avalanche. Deny : une ballade complète, émouvante évidemment, où douceur et électricité contrastent comme si elles se livraient un duel sans merci ni pitié. Avalanche, disons-le sans ambages, ne nous laissera pas un souvenir impérissable et serait même très vite oublié sans les quelques morceaux de valeur que sont Deny, Pure O et Funny, sans oublier Up In Your Feelings, au décor aussi mystérieux qu’ombrageux. Il est cependant regrettable, sans forcément dire déplorable, que le changement de cap impulsé par ces quelques morceaux n’ait été que sporadique et épisodique sur Avalanche. Danny McNamara et sa bande auraient été bien inspirés de pondre un album en mode bouleversement musical intégral, ce qui eût été de bon ton. Deny, Funny ou Pure O ne nous permettent hélas pas de considérer Avalanche comme un album dont les foules se souviendront longtemps. Ce neuvième opus nous laisse comme un goût amer dans la bouche, disons carrément un sentiment d’inachevé. Globalement, le terme « déception » ne saurait être trop fort. Avalanche : un changement de cap que l’on espère, à l’avenir, plus franc et plus intégral pour Embrace !

Morceaux conseillés : Deny, Funny, Pure O, Up In Your Feelings.

Jean-Christophe Tannières