Death Cab For Cutie ne laisse jamais insensible ni indifférent. On aime la formation originaire de Seattle ou on la déteste, c’est selon. Il n’en demeure pas moins que le sémillant Benjamin Gibbard et ses boys nous reviennent avec I Built You A Tower, leur onzième album. Le chiffre 11 est décidément à l’honneur pour les Death Cab, puisque ce nouvel effort comporte… 11 morceaux.
Un album indépendant
Pour Death Cab For Cutie, Atlantic Records semble être de l’histoire ancienne, car le groupe de Benjamin Gibbard a fait confiance au label indépendant Anti Records pour promouvoir ce nouvel opus. Côté production, celle-ci a été confiée à John Congleton, grand manitou rompu à l’exercice. I Built You A Tower est, si l’on peut dire, un album itinérant parce que façonné et enregistré entre le Canada, Portland et Seattle, fief d’origine de la formation.
Entre légèreté et électricité
Ce onzième album des Death Cab ne reste pas cantonné à un style unique, Benjamin Gibbard orientant leur musique dans toutes les directions. Ainsi, on passe de la folk avec le limpide Full Of Stars au rock explosif sur le trépidant Envy The Birds ou le percutant How Heavenly A State, voire même Punching The Flowers. Soit dit en passant, ce dernier est passé pratiquement inaperçu comme second single, à l’inverse du tubesque Riptide, pierre angulaire électro/pop d’I Built You A Tower. Cet album navigue donc entre légèreté et électricité assumées, Death Cab For Cutie ne voulant pas s’enfermer dans un quelconque carcan ou être catalogué comme groupe formaté dans tel ou tel style.
Un parfum de Beatles et des années 80
À l’écoute d’I Built You A Tower, sautent clairement aux oreilles des sonorités rétro, influencées par les Beatles/Paul McCartney (Pep Talk, Full Of Stars) et les années 80 (Trap Door, Riptide, The Flavor Of Metal). Benjamin Gibbard et sa bande sont loin de se revendiquer des Beatles et de Paul McCartney, mais comment, en entendant Pep Talk, ne pas établir la comparaison et faire le rapprochement, tant la similitude vocale et musicale coule de source ? Malgré une domination des guitares, les claviers de Trap Door et de Riptide font ressurgir des réminiscences des années 80, boucles synthétiques couplées au rythme dansant, bien évidemment.
Romantisme musical
Sans avoir traduit en français les paroles de certaines compos, on ne peut nier qu’un romantisme musical y règne et flotte tout du long. On pense notamment à Stone Over Water, Pep Talk et encore plus à Full Of Stars, lorsqu’on ne parle pas de l’éponyme I Built You A Tower, partie calme s’entend. Il n’apparaîtra donc pas difficile de comprendre que ces morceaux sont des ballades, un registre dans lequel les Death Cab excellent, la bande de Benjamin Gibbard ayant depuis toujours l’art et la manière de faire fondre les cœurs déjà sensibles.
Curiosité peu courante
I Built You A Tower porte bien son titre, puisqu’une petite particularité se remarque dans le tracklisting. Cette curiosité s’explique par le fait que le morceau éponyme I Built You A Tower se divise en deux parties, sobrement intitulées I Built You A Tower A et I Built You A Tower B. Des lettres et non des parties 1 et 2 comme cela se voit souvent sur les albums. Deux parties différentes musicalement l’une de l’autre, la partie B se révélant plus rock et dynamique que la partie A, davantage soft et relâchée. D’un point de vue purement logique, il fallait bien composer deux parties de styles opposés. Avec I Built You A Tower, Death Cab For Cutie effectue un retour convaincant, sans pour autant être fringant. La voix de Benjamin Gibbard ne varie pas d’un iota, tandis que les morceaux s’avèrent d’une indéniable efficacité. Par le biais de morceaux tels que Pep Talk ou Riptide, on peut affirmer que l’inspiration des Death Cab n’est pas encore tarie et n’est manifestement pas près de s’épuiser.
I Built You A Tower : Death Cab For Cutie a toujours sa place dans le gotha du rock américain !
Morceaux conseillés : Pep Talk, I Built You A Tower B, Full Of Stars, How Heavenly A State.
Jean-Christophe Tannières
