Block Party Festival 2026 – 14, 15, 16 mai 2026, Paris, 11e/12e arr.

Rédigé le 18/05/2026
Alex

Pour sa quatrième édition, les 14, 15 et 16 mai 2026, la Supersonic’s Block Party a de nouveau pris possession des rues des 11e et 12e arrondissements, transformant Bastille en épicentre du rock indépendant le temps d’un long week-end. 8 salles mobilisées : Supersonic Club, Supersonic Records, La Seine Café, Badaboum, Les Disquaires, La Mécanique Ondulatoire, Chante!, POPUP!  auxquelles s’ajoutent tatoueurs, expos, marché de créateurs et séances ciné disséminés dans le quartier. 70 groupes. 3 jours : autant dire que le programme est chargé.

Jeudi 14 mai, premier jour, premières révélations

Il est 16h30 et la rue Biscornet déjà bien animée. Le festival s’ouvre au Supersonic où The Yummy Mouths lancent les hostilités. Le groupe belge impose d’emblée un garage punk direct et sans fioritures, mélodies accrocheuses qui terminent en fracas de guitares, une ouverture qui donne le ton d’un week-end qui s’annonce intense.

Juste à côté, au Supersonic Records, Ringards prend le relais. Le groupe londonien, emmené par Enzo Salinie, chanteur franco-américain, navigue entre rock alternatif, punk et post-punk, avec des guitares tranchantes et des rythmes incisifs. Sur scène, ça donne une urgence physique assez redoutable. Un des sets les plus convaincants du jeudi.

Pendant ce temps au Club Chante!, ladylike joue pour un public clairsemé qui ne décroche pas. Le quatuor de Brighton propose une dream pop quelque part entre folk et post-rock. Les voix s’empilent, les guitares montent doucement puis lâchent tout.

Direction le Badaboum pour Heavy Lungs. Le groupe de Bristol, mené par Danny Nedelko (connu des fans d’IDLES pour le titre éponyme) propose un post-punk massif et chaotique, bruyant, fun et cathartique, l’essence même de la scène de Bristol. Sur scène, ça confirme la réputation : dense, physique, sans concession.

Vendredi 15 mai, de magnifiques découvertes

À 18h20 à Supersonic Records, Blanket installe une atmosphère suspendue parfaite pour débuter ce deuxième jour. Le trio de Sheffield, qui a assuré la première partie de la tournée européenne de Slowdive en 2024, propose un mélange de pop lumineuse et de textures shoegaze mélancoliques. Un moment hors du temps, avant que tout s’accélère.

Juste après sur la même scène, One Sentence. Supervisor prend le relais. Le projet kraut pop psychédélique de Baden, en Suisse, navigue dans une veine kraut pop psychédélique difficile à résumer. Les boucles s’accumulent, les structures refusent de se poser, la tension monte et ne redescend jamais vraiment. Magnifique découverte !

Au Badaboum, Gents offre un tout autre registre. Le duo de Copenhague, après dix ans de carrière, dévoile une pop plus intime où récits du quotidien et émotions prennent le premier plan. Délicat, sincère, légèrement décalé, on adore.

Au POPUP! dans le même créneau, Stuzzi fait exactement l’inverse. Le suédois embarque la salle dans un mix disco-house-cumbia-funk à énergie rave.

Samedi 16 mai, déjà le dernier jour

Au Supersonic Records, Charlie Houston nous offre un indie rock introspectif. Pas de démonstration, pas d’esbroufe, juste des chansons bien construites et une présence scénique qui retient l’attention sans la forcer.

Coup de cœur du week-end au Chante! : Baby Smith. Le duo australien a grandi sur la côte est, entre culture hippie et rock sur autoradio, Nirvana et No Doubt en fond sonore permanent. Sur scène, ça donne une pop rock solaire avec juste ce qu’il faut d’abrasif pour éviter la carte postale. Genereux, immédiat, c’est parfait dans cette salle intimiste aux lumières tamisées.

Aux Disquaires, Cowboy Hunters impose un autre tempo. Un rock rugueux et direct, taillé pour les petites salles. L’adéquation entre le groupe et le lieu était parfaite.

Pour clore le festival en bonne et due forme, Joe & The Shitboys investissent le Supersonic. Les Féroïens avaient déjà joué le jeudi,  on les retrouve ici dans une forme encore plus frontale, si tant est que ce soit possible. Punk queer vegan, bref, bruyant, irrésistiblement efficace. Fin de festival idéale.

La Block Party a ce truc rare : on arrive avec un programme en tête et on repart avec une liste de groupes qu’on ne connaissait pas le jeudi matin. C’est exactement ça, la promesse du festival, et elle est tenue. On navigue d’une salle à l’autre, d’un registre à l’autre, sans jamais avoir l’impression de subir une programmation. On la choisit, on la construit, on la rate parfois. Cette quatrième édition confirme que la formule n’est pas près de s’essouffler. Rendez-vous en 2027.