PLETHORE (s’)offre une soirée magique pour la sortie de son album

Rédigé le 15/02/2026
Axel Poyet

Ce mercredi 11 février, PLETHORE voulait fêter la naissance de son premier album, Digital Dream, sorti le 23 janvier dernier (notre chronique est à retrouver ici). Pour l’occasion, la formation a convié son public à la Maroquinerie, à Paris. Une soirée splendide, aux atmosphères variées mais toujours chaleureuses. Une soirée entre ami.e.s. Une soirée que l’on aimerait revivre. Et donc on la raconte.

Janoya – Trompettochill

Il est passé 20h, la Maroquinerie se remplit doucement et les lumières s’éteignent. Janoya rentre sur scène, chapeau, lunettes de soleil, chemise blanche et cravate colorée. Le personnage s’averera tout aussi convivial que sa musique. Les premières notes sorties de ses machines nous posent une ambiance electro-chill comme on aime, la soirée débute en douceur. Je ne connaissais absolument pas l’artiste et n’avais donc aucune idée de ce à quoi m’attendre. Ma surprise fut donc entière en le voyant dégainer une trompette. Et si on peut dire une chose sur Janoya : il maîtrise cet instrument. Quelle classe. Pendant trente minutes, on aura le droit à un set aux multiples aux multiples facettes. Parfois jazzy, parfois trip-hop. Parfois chant, parfois trompette. Une très belle introduction.

Janoya s’occupe de chauffer la Maroquinerie

PLETHORE – Groove phasant et chair de poule

La Maroquinerie aura fini de se remplir à la mi-temps. A l’entrée de la salle, on nous distribue de petites lunettes en carton aux pouvoirs innatendus. Une fois portées, tous les rayons lumineux sont diffractés dans toutes les directions. Le trip est total. L’idée, géniale. La mise dans l’ambiance, instantanée. Avant même de monter sur scène, PLETHORE nous passe un message clair : bienvenue dans le Digital Dream.

Aux premières notes de l’introduction, qui ouvre également l’album, la foule exprime sa joie et son impatience. Les quatre membres du collectif arrivent sur scène sous les acclamations. Louis, fondateur du projet, s’installe derrière la batterie, au centre la scène. Il sera de toute évidence le chef d’orchestre de ce set. Autour de lui, un bassiste, un guitariste et un pianiste. Tous se révèleront exceptionnellement bons.

L’introduction passée, le groupe suit son album et attaque le morceau éponyme. Choix ultra efficace. Si l’intro ne vous avait pas atteinte, les frissons sont désormais garantis avec la puissance de ce refrain. La scénographie est relativement simple mais pourtant très réussie pour une salle de cette envergure. Les grandes barres LED qui tapissent le fond de scène font un travail superbe et nous permettent de rentrer dans l’univers planant que propose PLETHORE. A noter aussi la qualité du son : augmentez l’ingénieur du son, par pitié !

Les morceaux s’enchaînent et le sentiment est toujours le même : on ne sait pas si on doit triper ou groover. Les deux. On se trémousse. On ferme les yeux. On plane. On retrouve complètement ce voyage dont on parlait dans la chronique sur l’album. Louis et ses musiciens nous emportent avec eux dans leur monde. L’avion aura décollé très rapidement.

PLETHORE nous offre un voyage hors du temps

Mais le voyage est également agrémenté de surprises. PLETHORE est venu avec des ami.e.s. Les deux chanteuses qui ont enregistrés les voix sur l’album débarquent sur scène et resteront pour plusieurs morceaux. Les voix de Oléma et Toni résonnent dans la Maroquinerie et se mélangent parfaitement à celle de Louis, impecable vocalement. Je suis toujours impressionné par la capacité des artistes à chanter tout en jouant de la batterie.

Bien qu’il s’agisse d’une release party, le groupe retournera dans le passé pour jouer quelques morceaux de leur premier EP, L, sorti en 2019. Le solo de guitare infini à la fin de Lonosphère décrochera ma mâchoire, restée sur le sol de la salle parisienne, et l’interlude instrumental appuyé d’un saxo (oui, encore un invité) continuera de hyper la foule bouillante. Le son de chorus de la guitare est à la limite de la légalité, il aurait fallu que je demande les détails techniques au concerné.

S’en suivra un passage plus calme, intimiste. Louis descend de derrière sa batterie, se retrouve sur le devant la scène seul avec Vincent derrière son piano. Le duo nous offre un intant suspendu, piano-voix, et sublime Poor Kid, un de mes morceaux préférés de l’album. Puis une reprise. Bryan Ferry. Don’t Stop The Dance. Le public se joint au chanteur pour entoner ce refrain entraînant.

PLETHORE termine son set en apothéose avec des morceaux plus dynamiques, mais toujours aussi planant. Directions, mon coup de coeur de l’album, vient conclure le show, mais le public en demande plus. Rappel. Les quatre musiciens reviennent sur scène pour interprêter le superbe Soul, tiré du premier EP. Une fin de concert parfaite. La séance de saluts est toute en émotions, tant pour les personnes présentes dans la salle que pour les artistes. Chacune et chacun sait qu’iel vient de vivre un moment extraordinaire, hors du temps. Un voyage dont on ressort jet-lagué.

En bref, une soirée splendide, une salle incroyable et un concert exceptionnelle. Bienvenue à Digital Dream dans ce monde et félicitations à PLETHORE, parent fier et qui peut l’être.

On croisera même rapidement Louis en fin de soirée, qui a très gentillement accepté de répondre à quelques questions !

Axel : Louis, merci et surtout bravo pour ce concert. Quel ton ressenti là tout de suite à chaud ?
Louis : Merci beaucoup ! T’es content d’être monté de Lyon ? (rires) C’était vraiment trop fat. Ce qui est trop fou c’est de voir la Maroquinerie aussi pleine quand on est rentré sur scène. Surtout que c’est nous qui avons produit la date nous-même donc beaucoup de travail mais hyper content.

A : T’as un moment préféré de la soirée ? Une track que tu as préféré jouer ?
L : Atlantic j’ai vraiment adoré le jouer. Et puis le premier, on l’a cassé en deux direct mais du coup ça a mis la barre très haut et je me suis dit qu’il allait falloir tenir 1h30 sur ces standards. J’adore aussi jouer Soul, quand on le joue en rappel comme ça.

A : L’album est sorti, la release est passée, c’est quoi la suite ?
L : La suite c’est de faire vivre l’album, de jouer le maximum, en festival cet été. Y’a un EP de remix qui va sortir cet été avec des producteurs assez fat qui ont joué le jeu donc ça va ouvrir d’autres horizons notamment sur la musique électronique. Y’a des concerts qui arrivent, rien de calé encore mais on y bosse à fond !

Un grand merci à lui pour ses réponses, et un immense merci à Romane pour l’invitation !